Incompréhension du rôle parental et résignation apprise des parents d’élèves autistes

Nadia Lévesque, B.Éd., chargée de projet et formatrice de la Fédération québécoise de l’autisme et experte-conseil de la communauté des parents d’enfants autistes pour l’Équipe de recherche pour l’inclusion sociale en autisme (ÉRISA).

L’expression « parents désengagés » est fréquemment utilisée pour désigner certains parents dont les enfants autistes fréquentent le secondaire. Néanmoins, lors des premiers états généraux de l’éducation adaptée, nous avons présenté d’autres hypothèses jugées pertinentes.

L’incompréhension du rôle parental en milieu scolaire

Selon la recherche, l’incompréhension du rôle parental, de la part des parents et de l’équipe-école, serait un obstacle considérable. L’absence d’unanimité autour de la définition des attentes liées à l’engagement des parents aurait pour effet d’entretenir une incompréhension du rôle que doit jouer un parent dans la réussite scolaire de son enfant autiste.

L’absence de consensus autour d’une définition de l’implication parentale, de la participation parentale ou de l’engagement parental, aurait pour effet d’engendrer des conséquences chez les parents d’élèves autistes. L’absence d’un soutien adéquat en milieu scolaire aurait pour effet d’alourdir la charge parentale, puisqu’une coordination s’avère parfois nécessaire entre le personnel scolaire, le centre de services scolaire et divers partenaires, tels que les services privés, afin que l’élève puisse obtenir l’accompagnement requis en fonction de ses besoins.

Le principal incitatif pour favoriser l’implication des parents serait le soutien offert par l’équipe-école. Le fait d’encourager les parents, de leur offrir de l’assistance et des occasions de participer à la vie scolaire serait de grands incitatifs pour favoriser leur engagement dans le parcours de leur enfant. Les auteures soutiennent « [qu’] il est possible que les parents soient davantage engagés lorsqu’ils perçoivent les résultats de leurs efforts, donc les effets positifs d’un tel engagement malgré l’ampleur des difficultés de l’enfant ou la charge émotive qui y est associée » (Boucher & des Rivières-Pigeon, 2020).

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L’inclusion et l’écoute des parents lors du processus décisionnel quant au parcours scolaire de leur enfant autiste seraient également à préconiser, par exemple lors de l’élaboration du plan d’intervention. Ainsi, les constats de Boucher et des Rivières-Pigeon incitent à la réflexion sur la définition que l’on souhaite donner à l’engagement des parents d’enfants autistes dans le milieu scolaire, de même que sur l’importance de l’accompagnement offert à ces élèves afin de mobiliser leurs parents. Ces enjeux seraient à considérer afin de favoriser l’autodétermination des parents auprès de leurs enfants, mais également la réussite éducative des élèves autistes.

En revanche, si un parent vit des expériences répétées d’échecs et d’impuissance lors de ces requêtes afin de maximiser le plein potentiel de son enfant autiste, et ce, durant le parcours préscolaire et primaire, il est légitime de soulever l’hypothèse que ce dernier puisse développer un sentiment de résignation apprise.

La résignation apprise des parents d’élèves autistes

La résignation apprise est un sentiment plus fréquemment soulevé lorsque l’on fait référence aux élèves. Elle se manifeste lorsqu’à force d’échecs, l’apprenant en vient au constat que les efforts qu’il doit fournir ne favorisent pas la réussite. Ainsi, peu importe le niveau d’efforts fournis, il considère l’échec comme la seule issue (Rousseau & al., 2018).

Nos interactions avec les familles durant le parcours scolaire de leur enfant nous permettent d’observer ce même apprentissage de résignation chez certains parents. Ces derniers étaient mobilisés durant la première partie du parcours scolaire de leur enfant autiste, mais semblent désengagés lors de l’entrée au secondaire. En fait, ils sont résignés à l’idée que leur présence, leurs actions, n’ont aucun incident positif sur le parcours scolaire de l’enfant.

En revanche, un apprentissage peut être remplacé par un autre. Si d’emblée, l’on considère cette possibilité de résignation apprise, plutôt que des comportements systématiquement liés au style parental désengagé, une collaboration devient envisageable. Et ce, dans le respect des savoirs de chacun, pour le bien-être de l’élève autiste.

Références :

Boucher, C. & des Rivières-Pigeon, C. (2020). Les défis de l’engagement parental en milieu scolaire chez les parents d’enfants autistes : une étude qualitative. Revue québécoise de psychologie, 41(2), 1–25. doi.org/10.7202/1072284ar

Rousseau, N., & Espinosa, G. (Eds.). (2018). Le bien-être à l’école: enjeux et stratégies gagnantes. PU Québec. P. 86-100

Yon, C. (2022). Sens donné par les parents d’enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme à leur expérience de la reconnaissance de leurs savoirs parentaux par les intervenants éducatifs (Doctoral dissertation, Université du Québec à Rimouski).

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